Le bio est-il réellement un allié pour l’écologie ?

13 avril 2020 0 Par maxime.mace.1998

Le bio compte aujourd’hui pour 3.5 % du marché de l’alimentation. Un chiffre bien maigre pour les tenants de ce mode de production pas si jeune. Comme beaucoup de phénomènes ayant de près ou de loin un rapport avec l’écologie, le bio est défendu corps et âme par ses adeptes tandis qu’ils révulsent ses opposants. Chaque camp ayant des arguments solides pour prétendre que l’agriculture biologique ne va pas de soi. Difficile de trancher face aux nombreux argumentaires sur Internet.

Qu’est-ce que le bio ?

Il existe différentes appellations de bio, ne serait-ce que sur le territoire français. Néanmoins, chacune d’entre elles se base sur des critères à respecter strictes. L’agriculture bio doit impérativement se défaire de tout procédé chimique non-naturel. Son alors éliminé, tout engrais chimiques, pesticides synthétiques, produits phytosanitaires, herbicides chimiques, hormones de croissance… En d’autres termes, toute solution à base d’éléments nécessitant une transformation industrielle par l’Homme. Ajoutez-y également des critères de sélectivités des sols non-contaminés par des métaux ainsi que l’absence d’une agriculture basée sur l’OGM.

En France, la règle est fortement appliquée sur l’ensemble des produits bio. Une réglementation plus stricte, Cohérence a même vu le jour pour y ajouter des clauses supplémentaires à la charte de base. Notamment, le suivi du produit lors de l’ensemble de la chaîne de production. Les aliments bio Cohérence sont dès lors garanti, produits, transformés et consommés au sein d’un même pays. Cependant, dans d’autres pays, en Europe, particulièrement, des dérives concernant les réglementations sont constatées chaque année. Mettant ainsi en péril la bonne volonté d’agriculteurs respectueux de leur label.

La filière bio à l’avantage de pouvoir s’exporter sur n’importe quel secteur d’activité. Que ce soit l’alimentation, les cosmétiques, le textile… Les défenseurs de la production biologique souhaitent faire changer petit à petit la production globale. Un combat louable qui semble totalement s’ancrer dans les problématiques de notre siècle. Mais l’agriculture biologique est-elle vraiment la bonne méthode pour réduire notre impact environnemental ?

Ce que le label bio ne permet pas.

En effet, malgré l’intérêt croissant de la consommation bio dans les ménages. Il reste beaucoup de points sur lesquels le bio ne peut pas répondre. Du moins dans sa configuration actuelle. Malheureusement, bons nombres de ces oublis ne font que réduire l’impact positif que pourrait avoir une agriculture bio pour le bien-être sur Terre.

Le Bio accroît les inégalités sociales.

Et oui, le bio ne déroge pas à la règle des marchés et comme tout bien avec une forte demande et une faible offre, le bio reste accessible aujourd’hui qu’à une tranche spécifique de la population. Une faute à également incomber au marketing qui sous le principe d’une alimentation plus saine, hausse les prix des aliments. Ce qui fondamentalement n’a pas de sens puisque l’aspect sain des produits bio ne leur donne pas un profil nutritif supérieur.

Cette distribution des produits bio notamment alimentés par les grandes surfaces a un fort impact sur l’opinion publique. Au lieu de revendiquer le droit à une alimentation plus saine, disponible par le bio par exemple, le bio est devenu un sujet de discorde. Petit à petit relié au rang de consommation de luxe par les milieux défavorisés voir de classe moyenne. Le bio est critiqué et banni par une tranche non-négligeable de la population. Une situation venant réduire l’impact positif que pourrait avoir une expansion de l’agriculture bio.

Un système de production pas au point.

Dans les faits, la production bio semble plus respectueuse de son environnement et c’est tout à fait vrai. Mais un problème de taille est à résoudre. L’agriculture 100 % biologique nécessite nettement plus de place que l’agriculture classique. Les rendements pour une même surface sont beaucoup plus faible. Face à une recrudescence des phénomènes de famines dans le monde, le bio se heurte à son manque de développement. Avec une agriculture jeune comme celle du bio, il n’est tout simplement pas possible de pouvoir alimenter les populations humaines dans les conditions actuelles. Cette problématique est celle qui inquiète le plus les scientifiques du Centre Internationale de recherche sur l’environnement. En effet, selon leur étude, un système purement biologique aurait des effets néfastes sur les écosystèmes.

Pour subvenir à la consommation mondiale en utilisant les systèmes de l’agriculture biologique, nous aurions besoin de bien plus de terres agricoles. L’un des moyens d’en obtenir serait alors une déforestation de masse ou la destruction des derniers territoires sauvages. Ceci s’ajoutant à la crise écologique purement et simplement. Malheureusement, avec la baisse des terrains fertiles, le fait de vouloir conserver ceux en activité tout en produisant suffisamment pour toute la planète est un problème bien trop complexe pour être résolu avec la simple reconversion au bio.

Les produits bio mais polluants :

Avec la croissance de la demande en produit bio, il fallait s’attendre à ce que certaines pratiques divergent selon les producteurs et vendeurs. La principale étant la production mondialisée de l’agriculture biologique. Est-il vraiment raisonnable d’acheter un produit bio avec 1 000 km de transport en note ? Évidemment que non, la pollution par émission de GES aura un impact suffisant pour détruire ou fortement amoindrir les efforts liés à la production. Pourtant, de nombreuses grandes enseignes continuent de proposer ce genre de produits. Mettant l’accent sur la production bio sans émettre de réserve quant aux transports. Le consommateur va devoir de lui-même vérifier la provenance du produit, à défaut, son geste respectueux de l’environnement ne sera pas récompensé.

Un autre piège à éviter est l’achat de produit bio, mais fortement transformé. En ligne de mire, les steaks végétaux. Même si l’idée est louable, pensez à la chaîne de production de ce type d’aliment. Si votre objectif est de réduire l’impact énergétique de votre alimentation, il se peut que ce genre de produits ne soit pas vraiment vos alliés. D’une part, ils ne font que surfer sur la mode du végétal, mais surtout leur production demande autant si ce n’est plus d’énergie que l’alimentation carnée. Dans ce cas de figure, cette solution peut sembler convenable au départ. Cependant, il faudra pour respecter des objectifs de réduction de son empreinte énergétique, les bannir à l’avenir.

Enfin, une habitude qui ne semble pas vouloir changer n’est autre que la consommation hors saison de fruits et légumes. Qu’ils soient bio ou non, les fruits et légumes hors période saisonnières nécessitent une quantité d’énergie non-nécessaire. À première vue, se passer de fraises en hiver, n’est pas si difficile. Alors, pourquoi ils existent encore des produits affiliés bio vendue hors saison ? C’est une pratique minoritaire bien sûr, néanmoins soulignons sa présence. Encore une fois, il semblerait que ce soient certaines grandes surfaces qui usent de cette dichotomie entre appellation bio et vente de produits crées sous serres chauffées.
L’appellation bio ne fait pas tout. Elle ne peut pas à l’ordre du jour répondre à l’ensemble des besoins en terme d’alimentation mondiale. D’autant plus quand certains vendeurs jouent la carte du bio sans les convictions prônées par cette mouvance. Par ailleurs, malgré ces faiblesses, l’agriculture bio n’est pas à jeter.

Ce que le label bio permet.

Ce que le bio change dans notre alimentation.

Enfin, une habitude qui ne semble pas vouloir changer n’est autre que la consommation hors saison de fruits et légumes. Qu’ils soient bio ou non, les fruits et légumes hors période saisonnières nécessitent une quantité d’énergie non-nécessaire. À première vue, se passer de fraises en hiver, n’est pas si difficile. Alors, pourquoi ils existent encore des produits affiliés bio vendue hors saison ? C’est une pratique minoritaire bien sûr, néanmoins soulignons sa présence. Encore une fois, il semblerait que ce soient certaines grandes surfaces qui usent de cette dichotomie entre appellation bio et vente de produits crées sous serres chauffées.

Alimentation saine dans le cadre de la santé.

Dans un cadre de recherche sérieuse sur l’alimentation biologique, une étude d’observation a été réalisée par des chercheurs en 2018/2019. Elle a été publiée en avril 2019 dans The American Journal of Clinical Nutrition. Cette enquête a mis en évidence certains avantages de la consommation bio à long terme sur les habitudes alimentaires et la santé.

Premièrement, une alimentation bio aurait permis aux groupes testés d’être largement moins exposés aux pesticides de synthèses ayant des effets secondaires (pouvant être sérieux) sur l’organisme. Cependant, les pesticides organiques restaient tout aussi présent dans les deux groupes. En deuxième plan, l’alimentation bio favoriserait la mise en place d’une routine alimentaire basée sur le végétal. Il a été constaté une diminution de la viande chez les personnes souhaitant manger bio. Un constat vraiment intéressant puisque l’IMC des individus testés a également fortement baissé. Il se pourrait alors qu’une alimentation bio demande un contrôle plus conscient de son alimentation. Ainsi, un équilibre alimentaire se mettrait en place plus rapidement. La surconsommation serait aussi impactée par ce procédé permettant donc une réduction du gaspillage sur le long terme.

Le bio malgré lui permettrait de construire une stabilité alimentaire beaucoup plus saine et moins exposée aux produits de synthèse. Cependant, une alimentation non-bio mais végétale aurait des effets similaires. Mais, si la médiatisation du bio peut amener les individus à repenser leur consommation, c’est déjà une bonne chose de faite.

Des efforts pour la préservation de l’environnement.

Le bio malgré lui permettrait de construire une stabilité alimentaire beaucoup plus saine et moins exposée aux produits de synthèse. Cependant, une alimentation non-bio mais végétale aurait des effets similaires. Mais, si la médiatisation du bio peut amener les individus à repenser leur consommation, c’est déjà une bonne chose de faite.
Malgré des cas particuliers, l’industrie du bio dans l’ensemble cherche à réduire la prédation des sols et des mers de différentes façons. Mentionnons d’abord de gros effort concernant l’emballage des produits. Lorsqu’un packaging existe, ceux-ci sont minimalistes et tendent à se convertir en matières recyclables. Il arrive même que pour le consommateur, cartonnette et emballage minimum rime avec produits bio. Cet effort du point de vue des emballages reste en ce moment très peu suivi par le reste des produits de consommation courante. Un élément à souligner pour démarquer le bio des autres.
Dans le même ordre d’idée, voici un autre effort pour la lutte contre les emballages superflus, la mise à disposition d’aliments en vrac. Favorisant d’une part l’usage de récipients réutilisables, mais aussi la gestion quotidienne du stock, ils ont permis un gaspillage moindre de la nourriture. Le fait d’user de même contenant pour se servir en grande surface permet au consommateur de réguler sa demande en nourriture et donc d’éviter le gaspillage dû au pourrissement. Cet effort sur le gaspillage alimentaire étant de plus en plus crucial face à l’enjeu alimentaire du XXIe siècle.
Au niveau de la biodiversité, il est difficile de critiquer objectivement la gestion des sols de l’agriculture biologique. Eaux et sols sont fortement surveillés, car ils sont les seuls garants de la préservation du label. Si une source est contaminée, officiellement l’agriculteur bio ne peut en faire usage. Dans l’éventualité d’une réglementation stricte (déjà fortement présente), les agriculteurs seront tenus de respecter les sols et sources d’eaux. Malheureusement, certaines ressources se partagent et un voisin n’a pas à adhérer aux convictions bio de son compère. Il arrive donc que ce principe ne puisse être respecté strictement.
Cependant, même à minima, réduire la contamination des ressources agricoles, n’est-ce pas profitable ? Évidemment, le non-usage de pesticides synthétiques, difficilement assimilables pour certaines espèces animales et végétales va également dans ce sens. Si le bio n’est pas la seule méthode pour pouvoir prétendre prendre soin de la terre, elle reste néanmoins efficace et plutôt bien placée au vu des alternatives actuelles.
Un dernier point à mentionner tout de même, le bio suit régulièrement les mouvements de protections des animaux et de la flore. Si l’aspect philosophique du respect du vivant n’attire pas toutes les personnes, l’idée de pouvoir préserver un semblant de biodiversité pour les années à venir ne peut pas laisser indifférent. Cette problématique n’est plus à l’ordre du jour de la science-fiction puisque la science se penche sérieusement sur le sujet. Que vous soyez ou non impacté par l’éthique animale, la perspective de ne plus pouvoir profiter du chant des oiseaux, du miel des abeilles ou de la pêche sont quelques exemples de ce qu’un avenir sans respect de la biodiversité réserve. Le bio malgré quelques abus, cherche et c’est dans ce sens louable à réduire la prédation des animaux, insectes compris pour les préserver encore un peu plus. Même si cela ne résoudra pas le problème, c’est un geste permettant de minimiser les impacts sur le court terme.

Il fallait s’y attendre, le bio n’est pas la solution miracle face à l’accumulation des problèmes du passée. Même si l’ensemble de la population consommerait bio, nous ne saurions pas tiré d’affaire. Bien pire, à court terme, cela aurait sûrement des effets néfastes. C’est là, l’un des arguments de base des anti-bio. Le bio ne peut pas être une solution miracle aux problèmes. Mais existe t-il dans nos sociétés modernes une méthode unique ayant fait ses preuves ?

Évidemment que non, c’est l’ajout de plusieurs alternatives qui permet aujourd’hui de résoudre des problèmes complexes. Le bio n’a pas de prétention supérieure au simple fait d’essayer de limiter la catastrophe. C’est pour cela, que manger bio, ce n’est pas prétendre vouloir sauver la planète, mais simplement la préserver un maximum. Les réparations de fond seront ensuite réalisées par le biais du bio ou d’autres alternatives. Voilà, l’une des principales raisons de consommer bio, réduire son impact. C’est un choix que chacun doit faire de son côté tout en conservant à l’esprit que sa réponse aura des conséquences communes peut importe son engagement.

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