Les produits de beautés et l’écologie : Cosmétique bio et maquillage naturel sont-ils la solution ?

5 avril 2020 0 Par maxime.mace.1998

En tant que 1er secteur exportateur en France en 2018, l’industrie chimique dans son ensemble est un atout majeur d’un point de vue économique. Quand nous nous penchons sur la part de la cosmétique dans ce résultat, force est de constater qu’elle est la tête de proue de la réussite française. Avec plus de 55 000 employés directs et une balance commerciale de plus de 12.1 milliard d’euros, le secteur est en pleine croissance. Selon la FEBEA, elle fait partie des deux premiers secteurs porteur en France.

Avec un tel curriculum vitae, il est évident que l’industrie ait un rôle majeur à jouer dans la transition écologique qui s’impose. Pour vous donner un ordre d’idée, on considère qu’il est vendu dans le monde pour 3 500€ de produit de beauté et d’hygiène par seconde. Pourtant, bon nombres d’associations dénoncent le manque de réglementation concernant la production et la commercialisation de produits néfastes à court et à long terme.

Pollution d’eau, sol et mer

Le directeur général de Ren Clean Skincare, Arnaud Meysselle avait annoncé quelque chose de fatalement vrai au sujet du commerce de luxe : “L’industrie du luxe en cosmétique est fondée sur un excès de packaging”. Il suffit de constater le suremballage à outrance de produit tel que les parfums, crèmes et autres déodorants pour prendre conscience du surréalisme de la situation. Ce trop plein n’aide pas à virer vers une industrie zéro déchet et réduire la dégradation des sols et mers par les micros particules.

D’un autre côté, remettons aussi en cause la composition des produits d’hygiènes dit de “rinçage”. En ligne de mire, les dentifrices et leurs perles de fraicheurs. En réalité, c’est petites perles blanches contribuent significativement à la pollution plastique des océans. Malheureusement ce procédé est aussi utilisé dans des crèmes exfoliantes, des nettoyants mains et des produits de gommages. Pour Richard Thompson, auteur d’une étude sur les microperles, les résultats du plastiques dans les océans est déjà très inquiétant. Selon l’étude, 700 espèces d’organismes marins ont d’ores et déjà subit l’affût de produits plastiques dans leurs environnements naturels.

Une air polluée par les cosmétiques

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une étude sur le sol américain à démontrer que la pollution de l’air en ville vient du moins à 50% de l’utilisation des produits aérosols. Avec une grande partie stockés dans nos trousses de toilettes. Publié en 2018 dans Science, cette étude tend à montrer l’importance colossale des aérosols dans la pollution atmosphérique des grandes agglomérations. Là où l’industrie de l’automobile fait office de mauvaise élève, il semblerait pourtant que la diminution de la pollution par les transport soit nettement supérieur à celle des sprays liés à l’hygiène.

Si rien n’est fait, il se peut que la situation soit dans quelques années l’une des causes de mortalité liée à la pollution. En effet, nos déodorants rejettent dans l’air des composés organiques volatiles aussi appelée COV. Ce rejet massif dans l’atmosphère est à l’origine d’une augmentation de cas d’asthmes chez les adultes vivant en métropole. Leur impact est donc vraiment pas négligeable. Malgré la mise en place du protocole de Montréal en 1985 et la diminution drastique des aérosols, ceux-ci reviendraient à l’assaut de nos poumons pour des conséquences à long terme bien pire. 

La pollution liée à la production industrielle

Pour être honnête, l’industrie affiliée à la cosmétique est loin d’être la plus polluante. Pour autant, comme bon nombres d’entreprises actuelles, certains mauvais élèves font disparaître les efforts des plus respectueux. Mise à part l’énergie utilisée par les machines de production, certains éléments de votre trousse de toilette contiennent ce que l’on appel des huiles minérales. Ces éléments sont en réalité issus de la pétrochimie. Paraffinum liquidum, petrolatum, cera microcristallina…. sont parmi une liste d’ingrédients ayant subi avant assimilation, une extraction, un raffinage et un transport au lourd bilan écologique. Évidemment, dans le cadre par exemple de la médecine, il est nécessaire d’extraire ce genre d’éléments, mais en est-il de même pour l’hygiène ?

Il est clair que l’usine monde fabricant des quantités de produits cosmétiques pour satisfaire femme et homme à un rôle sur la destruction de nos écosystèmes. Et d’une certaine manière, les acteurs du secteur le savent et agissent. De nombreuses initiatives à plusieurs échelles sont réalisées afin de revoir la chaîne de production.

La France, est-elle une bonne élève ?

Il semblerait que oui. Selon les relevés de France Chimie, notre pays serait sur la voie, pour l’industrie chimique de la conversion écologique. Avec un palmarès plutôt flatteur en réalité. -60 % de GES depuis 1990 et depuis 2005, -45 % de particules dans l’air, -60 % de rejet d’azote dans l’eau et enfin -72 % de phosphore en moins dans nos océans.

Ces chiffres sont le résultat d’une politique de transition effectuée depuis longtemps dans l’industrie chimique. Plusieurs usines ayant choisie par exemple de devenir eco-efficiente. C’est-à-dire qu’elles sont au bas mot, indépendante énergétiquement. Pour ce faire, les machines ont dû être améliorées afin de respecter les normes en optimisation énergétique, eau et déchet. Par ailleurs, une vraie conscience au niveau des dirigeants est à souligner avec la mise en place à grande échelle du plan RSE. Celui-ci valant ce qu’il vaut, c’es-à-dire, un engagement sur l’honneur de respecter des normes sociales et environnementales. Pour beaucoup, c’est trop peu, mais pouvons-nous blâmer une prise de conscience ne serait-ce si maigre ?

Des alternatives en vogues

La chimie verte ou le pouvoir du végétal

Aussi appelé la chimie durable ou chimie écologique, cette discipline ancienne a le vent en poupe en ce moment. Son principe est simple, utiliser les bienfaits des plantes et minéraux naturels pour substituer les composés chimiques non-renouvelables et polluants. Si l’on se réfère au chiffre de l’ADEME en 2012, nous étions à plus de 23 000 emplois dans le secteur. Face à la montée en puissance de la chimie à hydrocarbure, cette alternative plus respectueuse de l’environnement a fait son apparition dans les années 2000.

Aujourd’hui bien installé sur le territoire français, la chimie verte est un secteur arrivé à maturation. Selon l’ACDV, 200 usines en France auraient optées pour la chimie durable. Pour une conversion à grande échelle du système de consommation, la chimie verte semble être un atout majeur. Malheureusement, cette transition n’est pas appliqué partout dans le monde voir même en Europe. Une politique environnementale commune ayant encore du mal à s’installer dans les hautes sphères.

Les produits naturels et autres

La tendance consistant à transformer ses produits d’hygiènes avec des éléments dit provenant de la nature ne date pas d’hier. Pourtant, on constate une recrudescence de cette mode chez les néo-écolos. Sans paraben, sans sulfate, sans ammoniaque… tous sont des arguments proliférants à foison dans les publicités et les arguments de ventes. Témoignage s’il en est de l’intérêt que porte un large public sur l’origine des produits. Que ce soit par principe écologique ou pour profiter d’un produit moins agressif pour la peau, de plus en plus de consommateurs se tournent vers les produits naturels.

L’aloe vera, l’huile de rose et autres, donne un regain d’intérêt et de passion à une clientèle perdue dans les noms incompréhensibles de la chimie moderne. Peu importe la motivation première, revenir sur des produits à composantes naturelles peut permettre à l’Homme de reprendre goût à l’écosystème et par conséquent s’engager un peu plus dans sa préservation.

Produits vegans, polémique et grands changements

Dans la sphère des défenseurs de la Nature, le véganisme est l’une des branches ayant réussi à se faire le plus haïr par l’opinion publique. La faute peut être à un dialogue de sourd s’étant petit à petit immiscé entre les tenants et les réfractaires. Pourtant, l’émergence de produits alimentaires mais aussi cosmétiques prônant l’argument du tout végétal semble d’un autre côté présager un changement de paradigme dans les prochaines années. L’industrie chimique a été, à juste titre souvent pointé du doigt pour ses expérimentations animales.
Face à une extinction massive du vivant, le consommateur aguerri ne souhaite pas conserver ce genre de procédé et s’oriente vers des produits plus éthiques. L’argument du tout vegan, surgissant de plus en plus chez les commerçants. Chacun se faisant son opinion là-dessus. Néanmoins, encore une fois le marché arrive finalement à suivre la tendance que les consommateurs ont alimenté vers une hygiène plus saine.
La conclusion est à demi-teinte. D’un côté, incontestablement les choses changent et une multitudes d’initiatives permettent de changer nos façons de penser, consommer et apprécier le monde. Néanmoins, d’un autre côté, l’ancien système continue d’entacher les initiatives louables par un rapport de force alimenté par un système économique désuète, favorable aux méthodes du XXè siècle industrialisé.
Mais d’une certaine manière tant mieux. Nous connaissons les points faibles des créations passées. Le principal étant sa dépendance au marché. En d’autres termes, chacun d’entre-nous sommes les rouages, petit certe mais solide des marchés. Plus de rouages sortent du système, plus le système est en péril. Il n’aura donc plus que deux solutions, l’adaptation ou l’extinction. Ne mettez pas en doute l’importance que vous avez pour ceux que vous voulez combattre. Combattez positivement avec un refus des anciennes méthodes et prenez place dans un monde en changement.

La TEAM C-ecolo

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